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architecte

POELAERT Joseph

Informations :

  • Prénom: Joseph
  • Nationalité: belge
  • Activité: Architecte
  • Date et lieu de naissance et de décès: Né le 21 mars 1817 à Bruxelles et décédé le 3 novembre 1879 à Bruxelles.

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POELAERT Joseph
Fiche créée ou mise à jour par : le 26 avril 2020

Description:

Joseph Poelaert, officier de l’ordre de Léopold, chevalier de la Légion d’honneur, membre agrégé de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, est un architecte belge né le 21 mars 1817 rue du Marché au Charbon no 1028 (?), et qui succomba à l’âge de 62 ans en plein labeur le 3 novembre 1879 à cinq heures du matin en son domicile, boulevard de Waterloo no 13, des suites d’une congestion cérébrale.

Il est enterré au cimetière de Laeken.

Joseph Poelaert naquit dans une famille de la bourgeoisie bruxelloise fortunée et amie des arts. Son père Philippe Poelaert (1790-1875), ancien élève en architecture de Jean-Alexandre Werry (1773-1847) à l’Académie Royale des Beaux-Arts, où il obtint le deuxième prix en 1808 et le prix le 1er juillet 1810, est un important architecte-entrepreneur, il était électeur censitaire et Régent (nom donné aux échevins à l’époque du Royaume-Uni des Pays-Bas) de Hal. Homme riche, le père de Poelaert aimait à recevoir chez lui, les gens de lettres et les artistes.

Joseph Poelaert passa son enfance et son adolescence dans le grand hôtel particulier que son père avait construit rue de Laeken (actuel no 76) en 1824 quand il avait sept ans.

Un architecte du règne de Léopold Ier

Beaucoup d’auteurs situent erronément son œuvre sous le règne de Léopold II de Belgique (1865-1909), liant naturellement la majesté, l’abondance et la modernité d’une production hors norme qui apparaît subitement au milieu d’un grand vide architectural avec le règne de ce roi surnommé le “roi bâtisseur”, mais qui en fait était plutôt un roi urbaniste et créateur de grands espaces verts. Le vrai grand roi bâtisseur, au sens propre et au sens figuré car il a bâti un pays nouveau, fut Léopold Ier.
Cette attribution de sa carrière au règne de Léopold II est toujours répétée de nos jours, autrement dit le Palais de Justice aurait été construit avec le sang du Congo… alors que le Palais de Justice commencé en 1860 fut inauguré le 15 octobre 1883 après la mort de Poelaert et que la souveraineté sur le Congo ne fut attribuée au roi Léopold II par la Conférence de Berlin qu’en 1885 ! De même, l’église Sainte-Catherine, fut commencée en 1854 et terminée en 1874, et l’église Sainte-Marie, œuvre de l’architecte Louis van Overstraeten, fut commencée en 1845, un demi-siècle avant que la Belgique n’ait une colonie !

En fait, cette dernière œuvre de Poelaert, le Palais de Justice de Bruxelles, aux plans conçus sous Léopold Ier, sera édifié à la fin du règne de Léopold Ier puis durant les 17 premières années du règne de Léopold II (1865-1909), après la mort tant de Léopold Ier que de Poelaert. Mais il reste une œuvre voulue sous Léopold Ier dont il couronne d’une certaine manière symboliquement le règne et l’époque qui fut celle de la brillante génération des fondateurs de la Belgique, attachée au droit et aux libertés.

Sa formation

Joseph Poelaert avait commencé ses études auprès de son père qui lui inculqua dès son jeune âge l’enseignement de la pratique constructive. Il suivit ensuite les cours de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, sous Tilman-François Suys, dont les leçons ne le marquèrent pas. Poelaert les continua à Paris à l’École des Beaux-Arts où il reçut sa formation principale et auprès de Louis Visconti, auteur du tombeau de Napoléon aux Invalides et dans l’atelier de Jean-Nicolas Huyot qui termina l’Arc de Triomphe. Il devint admirateur de Henri Labrouste (1801-1875), et suivit une carrière parallèle à celle des Joseph-Louis Duc (1802-1879), des Félix Duban (1797-1871) et des Simon-Claude Constant-Dufeux (1801-1870) qu’il y côtoya.

C’est à Paris qu’il s’inspira également de l’architecture napoléonienne et de l’œuvre de Percier et Fontaine, qui avaient entrepris le projet grandiose de grands palais correspondant aux principales activités de l’État et qui furent les maîtres de Visconti.

Ayant terminé ses études parisiennes, il fit le traditionnel tour de France et ensuite avec son frère le sculpteur Victor Poelaert (1820-1859) et son ami le sculpteur Égide Mélot (1816-1885), il fit un premier voyage de formation en Allemagne qu’il répéta par la suite.

Son parcours créatif

Le jeune Joseph Poelaert entre en 1836 comme élève à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il avait hésité à devenir pianiste et restera toute sa vie un excellent musicien, aimant à s’exprimer à travers cet instrument.

Ses premières œuvres, vers 1832, alors qu’il avait environ quinze ans, furent les décors de théâtre destinés au petit théâtre qu’avait construit son père dans la maison familiale de la rue de Laeken. Ces projets furent révélés après la mort de Poelaert lors de l’Exposition nationale d’architecture de 1883 à Bruxelles.
Artiste de la transition entre le romantisme et le modernisme, féru de références classiques au monde gréco-romain, son œuvre est avant tout tournée vers l’hellénisme qui fut sa référence principale.

Joseph Poelaert commence sa carrière comme dessinateur et inspecteur des bâtisses et, ensuite architecte communal à la ville de Bruxelles (1847-1859). À ce titre, il crée une fontaine publique à la mémoire du bourgmestre Nicolas Rouppe (1846) et les plans de deux écoles communales situées boulevard du Midi (1849) et rue de Schaerbeek. Il réalise également l’aménagement de la place des Barricades (1849).

Il remporte ensuite le concours de la place des Panoramas – aujourd’hui place du Congrès – et à partir de 1850, il se consacre au projet d’une colonne consacrée au Congrès national et à l’Indépendance. Elle doit impérativement être plus grande que la colonne Vendôme à Paris, plus belle que la Colonne Trajane à Rome. Pour la représentation des Provinces en bas-relief, il fait appel au sculpteur belge Eugène Simonis. Pour la statue en pied de Léopold Ier qui doit couronner l’édifice, ce sera Guillaume Geefs.
À la même époque, Bruxelles connaît une inondation qui ravage le quartier Sainte-Catherine. Poelaert est chargé de la construction de la nouvelle église à l’emplacement du premier bassin du port de Bruxelles. À partir de 1863, l’édification est poursuivie par Wynand Janssens. L’église n’a toutefois jamais été terminée.

Le 11 octobre 1850, Louise-Marie d’Orléans, reine des Belges, meurt à Ostende. Poelaert décorera la collégiale de Bruxelles pour les funérailles. La souveraine ayant fait le vœu d’être inhumée à Laeken, Léopold Ier décide d’ériger une nouvelle église ainsi qu’une crypte réservée à la famille royale. Les fonds nécessaires seront en partie fournis par une souscription nationale lancée à l’initiative des délégués des provinces belges. En 1851, un concours pour Notre-Dame de Laeken est organisé. Poelaert l’emporte avec un projet dans le style néo-gothique. Le roi pose la première pierre le 27 mai 1854. Elle sera consacrée le 7 août 1872 alors que le monument n’est pas encore achevé. Ce sera Léopold II, soucieux de l’embellissement des lieux, qui charge un architecte de Munich, le baron Heinrich von Schmidt, d’achever la façade principale, les porches monumentaux et la tour centrale.

En 1852, Poelaert est l’architecte le plus prisé de la capitale belge, malgré ses sautes d’humeur, ses prolongations de délais et ses dépassements de budgets dans des proportions pharaoniques. Les critiques sont virulentes : lui sont reprochées son architecture qualifiée de massive et son ornementation jugée rudimentaire.
En 1855, nommé architecte de la Ville de Bruxelles, il supervise six chantiers d’envergure (dont la caserne des pompiers de la rue Blaes).

Le 21 janvier 1855, un incendie ravage l’Opéra de La Monnaie. Poelaert remporte le concours pour sa reconstruction. Lors de l’inauguration, pendant le premier entracte, comme le raconta la presse, « le bourgmestre a introduit Joseph Poelaert au balcon, l’architecte auquel la ville de Bruxelles doit son beau théâtre et qui fut chaleureusement ovationné par le public ».

Il démissionne de la fonction publique en 1859.

Son œuvre-testament : le Palais de Justice de Bruxelles

L’arrêté royal du 27 mars 1860 annonce le projet de la construction d’un nouveau Palais de Justice. Le concours est international mais aucun des vingt-huit projets n’est retenu. Le Ministère de la Justice se tourne vers Poelaert qui remet un projet d’une surface au sol de 20 000 m2 pour un budget de 3 millions de francs.

Poelaert soumet en avril 1862 un avant-projet, qui fut approuvé par le ministre Victor Tesch, c’est ensuite à Paris, loin des pressions et des influences de Bruxelles, que Poelaert se retira pour mettre la touche finale à ses plans du Palais de Justice, il y avait réuni une équipe de dessinateurs parmi lesquels Charles Laisné et Édouard Corroyer. Revenu à Bruxelles il présente son projet, mais les plans changent en permanence. L’édifice finit par atteindre une surface au sol de 26 000 m2 (soit 2,6 ha, soit un carré de 162 m de côté) pour un budget de 50 millions de francs. Les expropriations des maisons du quartier populaire des Marolles ont en effet grevé le budget.

Finalement, le bourgmestre de Bruxelles, Jules Anspach, soutenu par le roi Léopold Ier, donne le feu vert à Poelaert pour la réalisation de son projet, travaux qui s’étaleront durant 17 ans, de 1866 à 1883, soit quatre années au-delà du décès de ces deux serviteurs de l’État qui s’éteignent en 1879.

Le Palais de Justice en quelques chiffres : 60 000 m3 de pierre blanche du Jura et de petit granit, 245 locaux, 8 cours intérieures, un dôme culminant à plus de 100 m au-dessus de la salle des pas perdus, 4 941 marches d’escaliers. L’imposant portique d’entrée est si grand qu’on pourrait y faire passer une maison entière haute de 15 m et pèse une quinzaine de tonnes. La pyramide initialement prévue par Poelaert a été remplacée par un dôme de cuivre surmonté d’un clocheton vitré, lui-même coiffé d’une couronne royale dorée. Cet édifice suscite toujours l’étonnement par son gigantisme écrasant, surtout lorsqu’on le contemple depuis le bas de la rue de la Régence qui lui fait face.

Alors que les grandes puissances s’attendaient à voir disparaître rapidement ce nouveau royaume qu’était la Belgique, Joseph Poelaert dota rapidement sa patrie de symboles architecturaux destinés à faire naître dans l’esprit des spectateurs cette impression d’antiquité, de durée, de puissance et d’existence de l’État, en rendant visible ses institutions dans la pierre, à l’instar des anciens pays européens.

Complément

Quelques œuvres encore visibles:

- 1840 : Hôtel de ville de Lincent

- 1846-1848 : Fontaine de la place Rouppe, ornée d'une statue personnifiant Bruxelles, par Charles-Auguste Fraikin

- 1848, septembre : Projet pour la nouvelle caserne du Petit Château

- 1849 : Grille ornementale et réverbères au milieu de la place des Barricades

- 1849-1851 : École communale no 6, boulevard du Midi

- 1850 : à Saint-Vaast, château de monsieur Louis Faignart époux de Claire Clotilde Boucquéau, né à Saint-Vaast (La Louvière), décédé en 1882 à Longchamps (Bertogne), député catholique dont la fille Emma Faignart (1845-1871), épousa Victor Allard

- 1850-1854 : Église Sainte-Catherine

- 1850 : Colonne du Congrès

- 1850-1852 : Palais, place du Congrès, 1

- 1850-1852 : Palais, place du Congrès, 2

- 1851 : Auvent pour la façade, Théâtre royal du Parc

- 1851-1853 : École communale no 5, rue de Schaerbeek

- 1854 : 27 mai : Église Notre-Dame de Laeken, début des travaux

- 1855 : reconstruction du Théâtre de la Monnaie

- 1857 : réservoirs d'eau d'Ixelles, rue de la Vanne

- 1857 : deux édicules du Parc de Bruxelles en face du palais royal

- 1857-1862 : Château de La Closière (dit Château Boch) à La Louvière

- 1859-1860 : caserne des pompiers à Bruxelles, place du Jeu de Balle

- 1862 : plans du Palais de Justice 1866, 10 septembre : début des travaux du Palais de Justice

Numéro d'identification de la fiche : 2645e80b04406518

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