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Fondeur

Compagnie des Bronzes

Informations :

  • Nationalité: belge
  • Activité: Fondeur
  • Date et lieu de naissance et de décès: 1854 - 1977

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Compagnie des Bronzes
Fiche créée ou mise à jour par : le 13 octobre 2017

Description:

Fonderie de bronze d’abord installée à Bruxelles puis à Molenbeek.

Cormann et Compagnie 1854-1859

Le 6 juillet 1854 est créée à Bruxelles une petite société en commandite, sous le nom de Cormann et Compagnie. Elle poursuit probablement une activité pratiquée auparavant par une même famille, qui s’organisait selon un axe double : fabrication et vente.

La production est celle d’objets à bon marché, notamment en zinc, comme des luminaires.

Compagnie pour la fabrication du zinc et du bronze et des appareils d’éclairage 1859-(1866)-1878

En 1859, l’entreprise se transforme en société anonyme sous ce nom.

Adresse : rue d’Assaut, dans le centre de Bruxelles, à deux pas de la cathédrale Saint-Michel.

L’arrivée des premières commandes importantes correspond au vrai départ de ce qui va devenir la Compagnie des Bronzes. Les sites d’activités se dédoublent avec l’achat d’un terrain dans les faubourgs de Bruxelles, à Molenbeek-Saint-Jean, et l’installation à cet endroit d’une fonderie et d’importants ateliers (1862-1863). L’établissement de la rue d’Assaut subsiste néanmoins. Il deviendra progressivement magasin, même s’il abrite toujours une partie de la production.

Compagnie des Bronzes (1866-) 1878-1977

D’importantes commandes ont permis à l’entreprise d’amorcer une production de plus en plus suivie, dans les différents secteurs qu’elle souhaitait développer dès 1859. En 1873, les résultats économiques sont excellents. Vers 1880, l’entreprise compte quelques 300 ouvriers. En 1878, de nouveaux statuts officialisent l’appellation Compagnie des Bronzes, couramment utilisée depuis 1866.

L’entreprise transforme le “lingot de cuivre” en “objet d’art ou d’ornementation », jusqu’à la dorure inclusivement. Dans les années 1860, un secteur “bronze industriel”, “robinetterie” se développe au sein de l’entreprise. Il bénéficie des installations de Molenbeek, en particulier de l’atelier mécanique spécialisé pour “la robinetterie pour vapeur, pour eau et pour gaz, en bronze, laiton et fonte de fer”.

Éclairage, entre art et industrie : La distinction entre l’industriel et l’artistique n’est pas facile à établir. Le secteur du gaz en offre un excellent exemple. Il est indissociablement lié au domaine de l’éclairage. À Bruxelles, le gaz éclaire d’abord les rues et les commerces avant de se diffuser, dans les années 1870, dans les habitations privées. La production d’appareils d’éclairage devient l’un des principaux secteurs d’activités de l’entreprise. L’électricité fait son apparition dans les années 1880 et se développe comme le gaz. Dès le début de son activité, la Compagnie produit et commercialise des appareils d’éclairage (présents dans l’appellation de la nouvelle société anonyme en 1859) et des “objets d’art et d’ameublement”. En effet, l’éclairage n’est pas le seul domaine à travers lequel le bronze se répand dans les intérieurs bourgeois.

Au XIXe siècle, l’industrie du bronze connaît un développement considérable grâce à des innovations techniques. Ainsi, les procédés de réduction mécanique (procédé Collas) des statues et la technique de fonte au sable permettent d’abaisser le coût de fabrication de celles-ci et des objets décoratifs désormais plus accessibles. Les luminaires, adaptés au gaz et à l’électricité, apparus à la fin du siècle, comme les lustres, torchères, appliques se déclinent dans ce matériau tout comme les ornements des meubles. La Compagnie des Bronzes développe toute une gamme de produits, disponibles sur catalogue ou dans son magasin de la rue d’Assaut. L’une des premières commandes officielles dans ce domaine semble être celle de luminaires pour la Chambre des Représentants en 1868. La même année, la Compagnie des Bronzes se voit chargée de l’éclairage de la nouvelle Banque Nationale. Mais c’est surtout une importante commande de lustres pour le palais royal qui, en 1869, viendra à point pour relancer l’activité de l’entreprise. Le succès du bronze est lié à une série d’innovations techniques. Le cas de la Compagnie des Bronzes est exemplaire, son activité se développant à partir d’une petite entreprise familiale apparemment spécialisée dans les métaux à bon marché, sans rapports directs avec le monde de l’art.

La Compagnie va occuper un créneau porteur du marché, la fonderie de monuments en bronze, et toucher par là une clientèle bien particulière : les sculpteurs qui le plus souvent servent d’interlocuteur. C’est probablement à leur demande que la Compagnie des Bronzes réintroduit en Belgique, la technique de la fonte à la cire perdue, au début des années 1880.

Bronzes monumentaux : Au XIXe siècle, la statuaire occupe une place de plus en plus grande dans l’aménagement de l’espace urbain : fontaines, places et jardins publics. En Belgique, cette « statuomanie » prend des accents de leçon d’histoire. La jeune nation, qui doit consolider son identité, multiplie les représentations du passé national, incarné dans des héros comme John Cockerill. L’entreprise va vite investir ce nouveau secteur. La liste des monuments réalisés en Belgique par la Compagnie est impressionnante. Elle culmine dans les années 1880. Le règne de Léopold II (1865-1909) se caractérise par une intense activité urbanistique. La Compagnie profite largement des innombrables chantiers ouverts dans la capitale essentiellement. Elle a bénéficié d’un marché qui lui était ouvert au-delà des frontières belges, au XIXe siècle et jusqu’au XXe, grâce à son savoir-faire et aux nombreux contacts établis à l’étranger. Dans l’entre-deux-guerres, on remarque qu’en Belgique, le marché fort lucratif des monuments aux morts du premier conflit mondial viendra surtout enrichir les concurrents de la Compagnie. On note un quasi arrêt des commandes et des ventes en magasin en 1939-1940, puis une reprise fin 1940, qui se confirmera dans les années suivantes. Après la guerre, un lent déclin s’amorce. Pour ce qui concerne la commémoration du conflit, comme ailleurs les monuments liés à la première guerre mondiale sont réutilisés. Souvent, on y appose des plaques de bronze avec listes des victimes du récent conflit, des médaillons ou bas-reliefs célébrant la mémoire des résistants ou autres disparus de la guerre semblent avoir été coulés en nombre. Les commandes de statuaire monumentale se raréfient. Les rois sont encore bien représentés, en particulier Albert Ier. Quant aux sculpteurs qui désirent voir leurs créations coulées en bronze, ils sont de moins en moins nombreux à s’adresser à la Compagnie. Le bronze d’ameublement est passé de mode. À la Compagnie des Bronzes, la dernière coulée a lieu le 30 avril 1977.

La Compagnie ne réussit pas sa reconversion. En 1971, le bâtiment de la rue d’Assaut a été exproprié et vendu, en 1979, la faillite est prononcée.

De taille petite puis moyenne, comme de nombreuses entreprises de la capitale, la Compagnie s’insère parfaitement dans le tissu économique et social des XIXe et XXe siècles. Ainsi, sa double localisation caractérise deux zones bien distinctes de l’espace économique bruxellois : le centre commercial (et industriel) et l’ouest purement industriel. Les traces si nombreuses laissées par les clients de l’entreprise, de tous ordres qu’ils soient, mettent en lumière des domaines d’étude fondamentaux.

Aujourd’hui, le Musée bruxellois de l’Industrie et du Travail est installé sur le site même de l’ancienne fonderie.
Voir : http://www.lafonderie.be/

Complément

Quelques œuvres :

- Les monuments en hommage à John Cockerill ont mis en lumière le savoir-faire de la Compagnie des Bronzes à Bruxelles

- Li Tore (Le taureau en wallon liégeois) dénomination populaire de la sculpture Le dompteur de taureau, œuvre de Léon Mignon qui obtint la médaille d'or au salon de Paris en 1880, à Liège.

- Les statuettes des métiers Place du Petit Sablon (1882) à Bruxelles. Au milieu de la place actuelle se trouve un jardin exceptionnel, le square du Petit Sablon, aménagé par l'architecte Henri Beyaert et inauguré en 1890. Il est entouré d'une balustrade en fer forgé inspirée de celle qui ornait jadis les bailles de l'ancien palais du Coudenberg, à l'instar de la place de la Gare de Binche. De nombreux sculpteurs de l'époque y contribuèrent par la représentation en bronze de l'un ou l'autre des quarante-huit métiers d'autrefois qui l'entourent. Pour assurer la cohérence du projet, Beyaert avait demandé au peintre Xavier Mellery de dessiner les quarante-huit statues. Chaque pilier de pierre supportant les statues s'orne d'un décor original et ces piliers eux-mêmes sont reliés par des grilles aux motifs tous différents. Un régal pour les admirateurs du savoir-faire d'autrefois.

Voir sur le site : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sablon_(Bruxelles), la liste des 48 métiers, avec les noms des sculpteurs (le fondeur n’est pas mentionné).

- Dôme du Palais de Justice à Bruxelles : deux des quatre statues en bronze sous fronton triangulaire. Il s'agit d'allégories représentant la Justice par A. Desenfans, la Loi par A. Dutrieux

- Les groupes du Palais des Beaux-Arts (actuel Musée) (1885) à Bruxelles

- La fontaine de Brabo à Anvers : Druon Antigone exigeait un droit de passage sur l'Escaut et tranchait la main des mauvais payeurs. Brabo tua le géant, lui trancha la main et la jeta dans le fleuve. Suivant cette explication le nom Antwerpen (Anvers en néerlandais) viendrait de hand werpen (hand = la main, werpen = jeter, en néerlandais). Ceci dit, cette version est assez contestée, certains affirmant plutôt qu'Antwerpen viendrait de aan het werpen qui désigne la jetée du port. (1886)

- Les fameuses grilles du zoo de New York, 1931-1932, œuvre du sculpteur américain Paul Manship (1885-1966) voir cette vidéo : La Compagnie des Bronzes de New-York on Vimeo : vimeo.com/24509790.

Sources et liens externes

http://patrimoineindustriel.be/public/files/publications/bulletins/piwb/articles/57/2004_01-03N57_001.pdf

MARNEFFE Françoise (coordination), "Fabrique d’Art. La Compagnie des Bronzes de Bruxelles " Les Cahiers de la Fonderie, n° 28-29), La Fonderie, Bruxelles, 2003. Réédition 2019. 204 p.

- Pour le site de La Fonderie
http://www.lafonderie.be/

Numéro d'identification de la fiche : 8959e0d83699474

  

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