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Sculpteur

MINNE George

Informations :

  • Prénom: George
  • Nationalité: belge
  • Activité: Sculpteur
  • Date et lieu de naissance et de décès: Né le 30 août 1866 à Gand et mort le 18 février 1941 à Laethem-Saint-Martin.

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MINNE George
Fiche créée ou mise à jour par : le 23 mai 2020

Description:

George Minne, né Georgius Joannes Leonardus Minne, fils de l’architecte et entrepreneur Fréderic Auguste Minne, grandit et est éduqué dans un milieu aisé. En 1884 il suit pendant deux ans des cours d’architecture à l’Académie de Gand, mais se débat contre ses parents pour ne pas se laisser entraîner dans le sillage professionnel de son père.

À l’Académie royale des Beaux-Arts de Gand, son professeur consterné par les libertés que prend son élève vis-à-vis des habitudes académiques, dit de lui “l’Antéchrist est dans nos murs!” Il s’y lie d’amitié avec un étudiant un an plus jeune, un bohème qui suit les cours de peinture, Valerius De Saedeleer. Plus tard il jugera sévèrement les productions de sa jeunesse et ira même jusqu’à les détruire.

La force émotionnelle de ses œuvres est vite reconnue par des poètes symbolistes belges, comme Maurice Maeterlinck avec qui il se lie d’amitié vers 1886 et dont il illustrera certaines œuvres, Émile Verhaeren  et Grégoire Leroy. C’est aussi en 1886 qu’il exécute ses premières sculptures. En 1889, il sculpte Adam et Ève et certaines de ses œuvres sont montrées au Salon de Gand où il expose ainsi pour la première fois. En 1890 à Bruxelles, il expose au Salon des XX. En 1891, il se rend à Paris pour y rencontrer Rodin (1840-1917) qui, constatant combien la manière du sculpteur belge est éloignée de la sienne, conseille à son interlocuteur de rester fidèle à ses conceptions.

En 1892, il épouse Joséphine, fille du poète Napoleon Destanberg, et tente de vivre « à la Tolstoï » en menant de front le travail de statuaire et celui de cultivateur. Il participe aussi au premier Salon de la Rose-Croix organisé à Paris par Joséphin Peladan. Henry van de Velde fait connaître son travail dans les centres d’Art nouveau.

En 1895, à l’Académie de Bruxelles, il suit les cours du sculpteur Van der Stappen. À Forest-lez-Bruxelles où il vit avec son ménage dans le dénuement, il découvre son thème préféré, L’agenouillé. Renouant avec la tradition de Claus Sluter, il sculpte en 1896 Le petit agenouillé et Les trois saintes femmes au tombeau. Il y élabore son sujet de l’adolescent nu, introverti, agenouillé, la tête inclinée, fragile et isolé du monde qu’il reprendra de nombreuses fois dans son œuvre.

Son travail est apprécié et il est connu dans les milieux artistiques ; à Vienne, il est apprécié par des artistes comme Klimt, Schiele et Oskar Kokoschka. À Munich et à Vienne, on a vu et favorablement commenté les fruits de son labeur.

Vivant silencieux et comme reclus, il quitte rarement sa maison, du moins à l’époque de sa maturité. La foule lui fait peur et il souffre d’agoraphobie. Toute son attitude dans la vie a quelque chose de fuyant et dénote, sans ostentation et comme à regret, un foncier besoin de retraite. Quand il enseigne à l’Académie de Gand — il y fut professeur pendant quelques années — il prie sa femme de rester en faction derrière la porte de la classe pendant toute la durée de son cours.

Installé à Laethem-Saint-Martin, Valerius De Saedeleer y attire son ami George Minne, ce qui se fait en 1898 ; Georges Minne quitte Bruxelles et fait ainsi partie du premier groupe de l’École de Laethem-Saint-Martin qui cristallisera autour d’Albijn Van den Abeele. En arrivant à Laethem, il sait ce qu’il veut et espère pouvoir poursuivre son œuvre dans l’assurance et dans le calme. Il élit domicile dans une maisonnette au cœur du village, face à la cure — un logis banal de petit employé, une fenêtre, une porte — mais il sera bientôt logé moins à l’étroit. Se souvenant de ses études d’architecte, il commence en effet à tracer les plans de la maison blanche et carrée qu’il ne quittera plus et où, entouré de sa famille qui comprendra cinq fils et trois filles, il va poursuivre patiemment son travail.

À l’époque une de ses préoccupations majeures sera la mise en œuvre d’un monument au poète Georges Rodenbach (1855-1898). En vue de ce dessein, Laethem voit arriver un énorme bloc de pierre tiré par sept chevaux de labour qui sera déposé avec précaution dans le petit jardin de Minne. Autour du bloc inerte un petit atelier en bois est construit. Durant de longs mois, Minne s’y acharne au travail. Terminée, l’œuvre est violemment décriée et refusée à Bruges, mais finalement et malgré tout placée dans un parc de Gand.

Dans ses faits et gestes, tout parle d’effacement de soi et de claustration volontaire. L’œuvre sera le miroir fidèle, la décantation de cette attitude primordiale : chez Minne, le mouvement de repli, de fuite manifestée dans la vie se retrouve en permanence dans les sujets comme dans le style de ses sculptures et de ses dessin.

Son modèle est Rodin, mais il n’essaie pas de rivaliser avec la force plastique de ce dernier et préfère rechercher une inspiration dans l’art médiéval et préfigure des artistes de l’expressionnisme allemand comme Ernst Barlach, Käthe Kollwitz et Wilhelm Lehmbruck. Dans son refus du pathos baroque, il se rapproche de Pierre Puvis de Chavannes .

En 1898, il crée la Fontaine des Agenouillés, chef-d’œuvre incontestable de la sculpture symboliste, pour laquelle il imagine cinq personnages autour d’un bassin : l’art introverti de Minne est là avec un maximum de clarté et de simplicité formelle.

En 1903, Karel Van de Woestijne fonde à Laethem le cercle “Open Wegen”.

En 1908, influencé par les idées religieuses de ses amis de Saedeleer et Gustave Van de Woestijne, George Minne se met à traiter surtout au moyen du crayon ou du fusain des thèmes bibliques et entreprend une première série de dessins dont le thème principal sera La mère et l’enfant.

En 1910 , influencé par Meunier, George Minne s’astreint à étudier avec minutie le corps humain; il craint à bon droit que ses sculptures ne soient trop peu réalistes parce que trop stylisées, trop éloignées de la nature.

En 1912, George Minne devient professeur à l’Académie de Gand.

Pendant la Première Guerre mondiale, trois fils de Minne sont mobilisés. Durant leur absence, le reste du ménage qui a émigré au Pays de Galles (Aberystwyth, puis Llanidloes) — comme De Saedeleer et Gustave Van de Woestijne — y vit dans l’angoisse. Minne abandonne la sculpture de 1914 à 1921.

En 1919, la paix revenue et ses fils étant sortis indemnes du carnage, Minne rentre en Belgique occuper sa maison de Laethem. Il est professeur à l’Académie de Gand en modèle vivant et continue en même temps sa carrière de sculpteur.

Ses sculptures sont approximativement au nombre de cent cinquante. Plutôt que de sculptures monumentales, il s’agit de “sculptures d’intérieur” dont la hauteur varie entre 15 centimètres et un mètre. On s’est rarement adressé à lui pour l’exécution de monuments publics .

Complément

Quelques œuvres dans l’Espace public:

- Fontaine des Agenouillés derrière le palais de la Nation à Bruxelles

- Fontaine des Agenouillés à Gand (Emile Braunplein)

- Christ en croix de la Basilique de Koekelberg

- Monument à Georges Rodenbach, Gand

- Monument à la mémoire de la reine Astrid, Anvers

- Calvaire, Maldegem

Sources et liens externes

https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Minne

https://www.fine-arts-museum.be/fr/la-collection/artist/minne-george-1

http://georgeminne.vlaamsekunstcollectie.be/

BENEZIT E. Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Nouvelle édition. Librairie Gründ, 1976. 10 volumes, Tome7 p430

PIRON Paul. Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles. Editions Art in Belgium, Ohain-Lasne, 2003, 2 volumes, Tome2 p183

VAN LENNEP Jacques (conception et coordination). La sculpture belge au 19ème siècle, exposition organisée par la Générale de banque, 5 octobre - 15 décembre 1990, Bruxelles 1990, 2 volumes, Tome2 p509-513

DE KEYSER Eugénie. La sculpture contemporaine en Belgique. Belgique, art du temps. Laconti s.a., 1972, 260p. p239

ENGELEN Cor et MARX Mieke. Beeldhouwkunts in België vanaf 1830, Algemeen Rijksarchief, Studia 90, 2002, 3 volumes, Tome2, pp1170-1173

Numéro d'identification de la fiche : 8095c473b20c4570

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