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Monumen

Statue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de Bruxelles

Informations :

  • Sculpteur 1: JAQUET Jean-Joseph
  • Sculpteur 2: LAGAE Jules
  • Fondeur: VAN AERSCHODT (Bruxelles)
  • Adresse ou lieu-dit: L’Arbre d’Or, Maison des Brasseurs – Grand-Place de Bruxelles, 10
  • Code postal (en Belgique): 1000
  • Localité: Bruxelles
  • Région: Région de Bruxelles-Capitale
  • Pays: Belgique
  • Continent: Europe
  • Latitude: 50.84627232117298
  • Longitude: 4.352560043334962
  • Matériau: Bronze
  • Type d'oeuvre: Monuments aux grands hommes, Sculptures animalières
  • Morphologie: groupe équestre
  • Titulaire(s) et droits sur les photos: Benoit LF 2020

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Statue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de Bruxelles
Statue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de BruxellesStatue équestre de Charles de Lorraine – Grand-Place de Bruxelles
Fiche créée ou mise à jour par : le 3 juin 2020

Description:

Statue équestre en bronze doré de Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas autrichiens placée sur le pignon de la maison « l’Arbre d’Or ».

Inscriptions

Signature sur la terrasse : J. JAQUET

CAROLO ALEXANDRO
LOTH. ET BAAR DUCI, BELGARUM GUBERNATORI, ETC, ETC,
AEDIBUS EFFIGIES TUA QUANTUM AD SIDERA TENDIT
CAROLE TANTUMIMIS CORDIBUS URIT AMOR.
UT QUEM NULLA DIES MEMORI POST EXIMAT ÆVO
HÆC POSUIT FIDEI PIGNORA CARA SUÆ
CORPUS BRAXAT BRUXELL.

ANNO 1698

Description de l'objet

Maison l’Arbre d’Or (nom attesté depuis 1523)
Ancienne maison à pans de bois, réédifiée en pierre en 1638 par la corporation des brasseurs.
Détruite lors du bombardement de 1695 et reconstruite en 1698.


Différents éléments de décoration de la façade rappellent les ingrédients nécessaires à la fabrication de la bière et le travail des brasseurs : gouttes d’eau, houblon, épis de blé, groupes de putti au travail.
Au dessus du 2e étage, inscription Maison des Brasseurs sous un fronton où entre  deux lions se trouve un texte en latin, panégyrique de Charles de Lorraine.
Le pignon de la maison est traité sous la forme d’un piédestal sur lequel est apposé un écusson avec les armoiries du gouverneur. Il est surmonté de la statue équestre présentée de profil. Le personnage en costume de campagne et armure  est tourné vers la place au-dessus de laquelle il élève son bâton de commandement.

Historique

Plusieurs statues équestres se sont succédées sur le pignon de l’Arbre d’or. Pour trouver l'explication de cette présence insolite d’un cheval au sommet d’une maison, il faut remonter aux suites du bombardement de Bruxelles par les armées françaises en août 1695. 

Après de nombreuses années de guerres et de conquêtes, le roi louis XIV de France a fini par coaliser contre lui une grande partie de l’Europe réunie sous le nom de Ligue d’Augsbourg. Pour la première fois, l’alliance regroupant l’Espagne, l’Angleterre, les Provinces-unies et l’empire des Habsbourg réunit des forces équivalentes à celles de la France. En cette année 1695, après plusieurs années de défaites et d’enlisement, elle reprend à la France la ville de Huy, et assiègent la place forte de Namur occupée par les Français depuis trois ans. Dans l’espoir de  créer une diversion et de détourner la coalition du siège en cours, le maréchal de Villeroy qui commande l’armée française rassemble une importante force d’artillerie à l’ouest de Bruxelles, et soumet la ville du 13 au 15 août 1695 à un bombardement incendiaire qui détruit une grande partie de la ville.
Bruxelles n’est ni une ville de garnison ni un objectif militaire, mais est la résidence du gouverneur des Pays-Bas espagnols, le Prince électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel, présent au côté de Guillaume d’Orange au siège de Namur. Contrairement aux attentes des Français, Maximilien-Emmanuel rentre précipitamment à Bruxelles à l’annonce des bombardements avec quelques troupes mais laisse cependant son armée au siège de Namur qui tombera quelques jours plus tard.

La destruction inutile de Bruxelles suscitera l’indignation de l’Europe entière. Le centre de la ville n’est plus qu’un amas de décombres. Des milliers de maisons, églises et bâtiments publics sont détruits, un nombre incalculable d’œuvres d’art,  peintures, sculptures et tapisseries est perdu.

Arrivé peu de temps avant le début du bombardement,  le gouverneur parcourt la ville à cheval pour tenter en vain d’organiser la lutte contre l’incendie dans une cité où les maisons de bois et les ruelles étroites sont encore nombreuses.

Dès la reconstruction de la Grand-Place dont il ne reste debout que la tour et les façades de l’Hôtel de Ville et  quelques pans de murs. Le gouverneur qui a alors l’ambition de mettre son fils sur le trône de l’Espagne et de faire des Bruxelles la capitale de son propre royaume héréditaire, offre en 1697 une statue équestre qui le représente et sera placée au sommet de l’une des maisons. Sous les sabots de cheval étaient représentés des esclaves et trophées d’armes pris par le prince durant ses campagnes contre les Turcs à Vienne et Belgrade.

Sur le socle se trouvait un texte en hommage au gouverneur pour ses batailles et à son courage lors du bombardement :
DUX BAVARIAE  BRUXELLENSIUM SALU

(Duc de Bavière, salut des Bruxellois) Dans lequel se trouvait le  chronogramme DVXVIVXLLIVMLV  (1697)

« Lorsque le soleil français embrasait notre ville de ses rayons, nous t’avons vu seul parcourir les foyers en flamme. Quoi d’étonnant que celui qui brisa les croissants de la lune gétique, n’ait pas craint la lumière de l’astre gaulois ? »

Cette première statue œuvre du sculpteur Marc De Vos est réalisée dans une pierre d’Avesnes friable. Un bras et une jambe s’écrasent après peu de temps sur les pavés de la place, la statue est alors détruite pour des raisons de sécurité.

En 1905 le sculpteur s’engage à réaliser une nouvelle statue,  de forme et style identique à la première, mais cette fois coulées en bronze.  Il n’est pas certain que cette seconde statue ait été terminée et mise en place. La situation politique a en effet fortement changé en quelques années. Après le décès de son fils, héritier désigné de la couronne d’Espagne à l’âge de sept ans, Maximilien-Emmanuel qui a vu s’effondrer ses ambitions dynastiques a changé de camp pour s’allier à la France.  Il quitte définitivement Bruxelles en mai 1706 au lendemain de sa défaite à Ramillies contre les Anglais.

L’aquarelle originale des maisons de la Grand-Place par F.-J. Derons réalisée en 1726 montre un socle vide. Un collage plus tardif, représente le socle à nouveau occupé par une statue installée en  à 1752. Il ne s’agit plus cette fois de l’électeur de Bavière, que la corporation des brasseurs a préféré remplacer par le nouveau gouverneur des Pays-Bas autrichiens Charles de Lorraine. Bien que ce dernier n’ait pas du tout le profil de chef de guerre de son prédécesseur, il jouit à Bruxelles d’une grande popularité.

Cette nouvelle statue est à son tour abattue par les sans-culotte à la fin du 18e siècle. La maison est alors transformée en hôtel brasserie, et l’inscription « Hôtel des Brasseurs » prend place entre les deux lions.

Après l’indépendance, les autorités hésitent un moment entre rétablir la statue de Charles de Lorraine, dont on fait remarquer qu’il a déjà sa statue place du musée, ou la remplacer par un « héros national » le comte d’Egmont. Le conseil communal tranche finalement en faveur du rétablissement  du monument historique de l’ancien gouverneur ce qui sera fait en 1854. La statue en bronze doré est réalisée par le sculpteur Jean-Joseph Jaquet.
Lors de la restauration de la maison en 1901, la statue est selon les sources remplacée, refaite à l’identique ou restaurée par Jules Lagae et le fondeur F. Van Aerschodt.  C’est en tout cas toujours la signature de J. Jaquet qui est visible sur la terrasse.

Lors de son séjour à Bruxelles, Charles Baudelaire appréciera peu la façade et  la statue «  Bruxelles, un pot et un cavalier sur un toit sont les preuves les plus voyantes du goût extravagant en architecture. Un cheval sur un toit, un pot de fleur sur un fronton !  Cela se rapporte à ce que j’appelle le style joujou. »

Référence source

Recherche sur le terrain 2020

Bibliographie et liens

•    Guide illustré de Bruxelles, tome I, Les monuments civils – Guillaume Des Marez, archiviste de la Ville de Bruxelles - 1928 (3e éd.)


•    Le bombardement de Bruxelles par louis XIV et la reconstruction qui s’en suivit 1695 – 1700  - Dir. Maurice Culot – AAM éditions 1992


•    Les maisons de la Grand-Place de Bruxelles – Dir. Vincent Heymans – CFC éditions 2007


•    La Grand-Place de Bruxelles – Isabelle De Pange – aparté 2011

Numéro d'identification de la fiche : 5775ed66dcee562b

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